Le château d'argent

De Nephilim Wiki

Sur un promontoire rocheux que les fleuves de Sohar contournent avec déférence, comme s'ils n'osaient en toucher les fondations, se dresse le château d'argent. Ses tours élancées captent la lumière du char de Shin Resh Tzabaoth et la restituent en reflets d'un blanc lunaire, si bien que le château semble briller de sa propre clarté même au crépuscule. Ses murs sont faits d'un métal précieux qui n'est ni argent terrestre ni mithril légendaire, mais une substance propre à Sohar dont la surface reflète non pas le monde extérieur, mais l'intériorité de celui qui la regarde. Approcher du château, c'est se confronter à son propre reflet véritable — et tous n'apprécient pas ce qu'ils y découvrent.

Le seigneur de ce fief est le prophète impassible, une figure hiératique qui ressemble à un prophète biblique et dont le visage n'exprime jamais ni joie, ni colère, ni tristesse. Son pouvoir est celui de la stabilisation : il peut figer l'état d'un corps empoisonné ou malade, suspendant la progression du mal sans le guérir. Cette capacité fait de lui un recours précieux pour les kabbalistes en détresse, mais aussi un interlocuteur frustrant, car le prophète ne donne rien de plus que ce qu'il promet — un sursis, jamais une solution. Le château abrite aussi les Ashim bienveillants, de petits esprits discrets et sentencieux qui pourvoient aux besoins matériels des visiteurs, et les Tarshishim souriants, de petits satyres spectraux portant des flûtes d'argent ouvragées dont la musique peut déclencher des danses extatiques.

Le château d'argent est un lieu de halte, de guérison provisoire et de réflexion dans le monde de Sohar. Les kabbalistes épuisés par leurs voyages dans les fiefs les plus dangereux viennent s'y reposer sous la garde bienveillante des Ashim, tandis que les Tarshishim leur offrent des divertissements dont l'intensité peut aller de la simple mélodie apaisante à l'orgie débridée. Mais le château souffre en silence : l'eau vive qui l'irriguait jadis depuis les puits de Pharphar s'est tarie, et ses jardins intérieurs, autrefois luxuriants, montrent des signes de dessèchement que même la magie du prophète ne peut enrayer. Seul le kabbaliste qui ranimera les sources des puits pourra rendre au château d'argent sa splendeur passée. En attendant, celui qui s'abandonne trop longtemps à la musique des Tarshishim risque d'y perdre sa volonté, bercé dans un plaisir sans fin dont même le prophète impassible ne pourra le tirer.

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